Appel aux pouvoirs publics. Face à la crise, Marseille doit être pionnière et solidaire.

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Tout d’abord, nous espérons que vous vous portez bien, que vous avez les moyens de protéger votre famille.

Cette période provoque beaucoup d’angoisse, quand cela n’est pas un drame personnel.
Elle exige également de chacun d’entre nous beaucoup de sacrifices, chacun à notre niveau. Et ce, pour permettre de sauver le plus grand nombre. Nous avons des responsabilités collectives. Nous démontrons en cela une grande dignité et nous en sommes fiers.

Ainsi, nous tenons à saluer toutes les initiatives prises d’ores et déjà par les Marseillais pour s’entraider les uns les autres. Nous préparons des outils pour nous en faire le relais. Par ailleurs, Michèle Rubirola a alerté la Préfecture et le Président de la République sur la situation des plus précaires à Marseille. Nous sommes toujours dans l’attente de réponses satisfaisantes.

Pendant ce temps, la crise sanitaire prend de l’ampleur. Le Printemps Marseillais pousse un cri d’alarme pour que la Mairie actuelle fasse enfin le nécessaire pour protéger l’ensemble de ses habitants face à la pandémie du coronavirus et ses conséquences désastreuses. Nous appelons les pouvoirs publics à tout faire pour nous y préparer avec un grand plan d’urgence avec des réponses sanitaires exceptionnelles, le déploiement de services publics plus adaptés et l’amélioration du quotidien.

Marseille doit continuer d’être une ville pionnière.

Notre ville ne connaît pas encore la saturation de ses hôpitaux et a la chance d’avoir des services de grande qualité, et un institut de renommée mondiale: l’IHU. Depuis des semaines cet institut propose un dépistage à plus grande échelle, et le Professeur Raoult à sa tête préconise qu’il soit généralisé . Quand cela est le cas, les résultats sont à ce jour plus probants qu’aucun autre. Nous ne nous engageons nullement à soutenir telle ou telle position scientifique mais nous demandons à ce que tous puissent avoir les moyens de la recherche avec toute la rigueur méthodologique que cela implique. Il en va de la garantie de la santé publique et de notre capacité à sortir de cette crise avec le moins de décès possibles.

Marseille doit devenir un territoire test : c’est ici que l’Etat doit déployer sa nouvelle stratégie de lutte contre l’épidémie.

Pour cela il faut dépister massivement, en continuant de faire appliquer scrupuleusement le confinement. Dès demain, la Mairie doit mettre à disposition des lieux – gymnases, écoles – pour servir de centres de dépistages. L’Etat doit démontrer sa volonté en actionnant la réserve sanitaire, et en faisant appel aux laboratoires.

Dépister et continuer de faire respecter le confinement, ce sont les seules façons de sortir de cette crise. Et cette sortie de crise peut s’amorcer d’ici, de notre ville.

Lançons un plan Marseille ville solidaire.

Affronter ces moments, c’est aussi continuer de prendre soin les uns des autres. Plus que jamais la solidarité entre Marseillais est nécessaire. Il faut impérativement que les personnes en situation de précarité, les sans-abris, les étrangers résidant en France, ne soient pas les oubliés de cette période. C’est pourquoi nous demandons que les mises à l’abri, les réquisitions de chambre d’hôtels et de logements s’accélèrent.

La situation de confinement accroît aussi les violences dans les foyers : une attention particulière doit être portée aux femmes victimes de violences conjugales. Notre ville doit lancer un appel à l’Etat pour les mettre à l’abris dans des logements réquisitionnés au plus vite.
Parce que les travailleurs sociaux sont en première ligne, nous devons impérativement leur fournir les moyens de travailler en toute sécurité : ils doivent bénéficier de protections sanitaires.
Des travailleurs sociaux doivent pouvoir être recrutés afin de grossir les rangs et intervenir au plus près des besoins des plus isolés, des précaires qui sont aujourd’hui dans de grandes difficultés.

La faim est aujourd’hui une réalité pour des populations dans notre ville. Nous ne pouvons pas tolérer cela. Nous sommes intervenus auprès du gouvernement pour que des moyens soient alloués à cette urgence qui ne peut perdurer plus longtemps.
A notre mesure, nous nous y engageons et les militants du Printemps marseillais s’engagent aux côtés des associations sur le terrain pour permettre la survie des plus démunis. Nous mettons en place des outils pour faire le relais des initiatives et des besoins dans notre ville. Nous vous tiendrons informés rapidement afin que tous puissent aider à la hauteur de leurs moyens.

Faciliter la vie de ceux qui doivent aller travailler

Tous les jours des travailleurs sont obligés de se déplacer : ils font vivre notre ville.

Nous demandons à ce que tous bénéficient de masque, de gel hydroalcoolique et de vêtements de protection. De tout ce qui est nécessaire pour les protéger et éviter qu’ils propagent l’épidémie. Ils sont la fierté de notre nation. Ils sont ce qui fait encore vivre notre société. Ils mettent en place les services publics, les services à la personne, les services de santé et répondent aux besoins des Marseillaises et Marseillais pour se nourrir, se soigner et les aider.

Nous souhaitons qu’un geste soit fait pour eux. La métropole doit déclencher la gratuité totale des transports en commun pour la durée de l’état d’urgence sanitaire, comme elle l’a fait pour le stationnement. Et elle doit adapter au mieux la fréquence des transports : dans les quartiers mal desservis ceux qui sont obligés de travailler ne doivent pas connaitre une double peine.

Le personnel soignant doit bénéficier de facilités pour se loger à proximité des hôpitaux, afin de limiter les déplacements et de favoriser la récupération.

Ce plan d’urgence est une réponse immédiate à une situation inédite mais il n’empêchera pas de penser l’après. Cela passera, pour nous, comme nous l’avons toujours fait, par une défense exigeante de l’hôpital public, qui démontre toute sa nécessité. Depuis le début de notre mouvement nous n’avons cessé d’être aux côtés des soignants, aux côtés de ceux qui ont été trop longtemps oubliés, des travailleurs.

Le temps de l’après viendra, et il sera impératif d’écrire un avenir plus juste, plus solidaire, plus démocratique. Avec vous. Ensemble.

En attendant, prenez soin de vous et les uns des autres, à bientôt !

– L’équipe du Printemps Marseillais

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