Réponse de Michèle Rubirola, candidate tête de liste du Printemps Marseillais au questionnaire sur le projet du Boulevard Urbain Sud adressé aux candidats aux élections municipales de Marseille 2020

 

Question 1 : CANBUS vous sollicite pour connaître votre position sur le diagnostic posé ci-dessus ?

La première sortie officielle du Printemps Marseillais s’est faite en soutien aux collectifs anti-boulevard urbain sud. Notre mouvement s’est dès le début positionné sur la lutte pour l’urgence écologique et ce projet en est pour nous un des symboles criants.

Je suis convaincue que le développement de grandes rocades ne permet plus aujourd’hui de pallier l’engorgement de nos voies de circulation. C’est le cas sur la L2 qui connaît déjà une saturation sur différentes portions de son tracé, alors même qu’elle a été inaugurée il y a moins de 2 ans.

L’enquête publique du B.U.S. souligne d’ailleurs ces problèmes de saturation et le manque criant d’une étude d’impact à l’arrivée sur la pointe rouge augure de futures thromboses.

Dans la vision du Printemps Marseillais, nous miserons davantage sur le développement d’axes structurants de transports en commun, notamment en direction du Sud de la ville qui en est dépourvu sur de larges pans. Ces solutions permettent une circulation plus fluide dans la ville et répondent à un impératif : rendre possibles les déplacements de tous les Marseillais sur l’ensemble du territoire, apaiser la ville et lutter contre la pollution de l’air.

Le Printemps Marseillais est donc pleinement solidaire des constats et revendications du collectif CANBUS et continuera à dénoncer aux côtés des mouvements militants le sacrifice de pans entiers de notre ville sur l’autel du tout-voiture.

 

Question 2 : Si la liste que vous représentez l’emporte aux prochaines élections municipales, quelle sera la première décision que vous prendrez concernant la réalisation des deux prochaines tranches du BUS ?

Depuis le début de la co-construction de notre projet avec les citoyens, le Printemps Marseillais insiste pour que l’impact écologique soit étudié de façon systématique dans chaque proposition.

Ce principe écologique que nous nous imposons sera aussi une des lignes de notre gouvernance : toute mesure ou action prise au nom de ma future majorité sera préalablement étudiée sous l’angle de son impact environnemental.

C’est ainsi que je refuserai tout projet qui vise à sacrifier sans mesure compensatoire une partie, même infime, d’un espace vert. Dans une ville qui a trop longtemps repoussé la nature hors de ses frontières, nous ferons des espaces verts un élément structurant de reprise en main de notre développement urbain mais aussi du vivre-ensemble. La Nature ne sera plus un élément décoratif de projets archaïques mais l’ADN des projets.

Le cas du B.U.S. est édifiant : le parc de la Mathilde, les jardins de famille Joseph Aiguier, la pinède du Roy d’Espagne sont des lieux importants pour la vie associative et le lien social entre les habitants tout en jouant le rôle d’îlots de fraîcheur, de respiration, de stockage carbone. Il est aberrant d’y faire passer un boulevard avec une telle emprise.

De ce fait, je m’engage à mettre un coup d’arrêt au projet du B.U.S., c’est-à-dire suspendre les travaux sur les 2 dernières tranches le temps de le réétudier en profondeur avec l’aide et l’expertise des acteurs publics, des associations, de la RTM et à partir d’une étude de fréquentation de l’existant.

Il existe des alternatives ; celles-ci seront étudiées et évaluées en fonction de leur pertinence et leur efficacité. Par exemple, je sais que certains parlent une emprise sur le trajet actuel réduite aux transports en commun (BHNS ou tramway) et pistes cyclables avec une place accrue de la nature comme fil directeur. D’autres proposent une coulée verte paysagée dédiée uniquement aux pistes cyclables et voies piétonnes pour constituer un large corridor écologique de plusieurs km, unique dans une grande ville !

Dans tous les cas, la solution passera par la restructuration et l’amélioration des axes existants ainsi que par le développement des transports en commun (en lien avec des parkings relais en interconnexion avec un réseau renforcé de transports publics). Les modalités de baisse du prix des tunnels (Prado Carenage et Prado Sud) peuvent aussi être étudiées comme élément de fluidification des quartiers sud. Je veillerai personnellement à interdire la destruction d’espaces verts sur le tracé du B.U.S.

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