Notre Programme

Le transport

A.Le droit à la mobilité pour tous

Marseille souffre d’un manque de transports collectifs, mais aussi de trottoirs accessibles, de rues en bon état, et de vraies pistes cyclables. Deux conséquences majeures :

  • un recours massif à la voiture particulière, avec toutes ses conséquences : insécurité, bouchons, stress, fatigue, pollution, atteinte à l’environnement et à la santé humaine (2 000 morts prématurés par an) ;
  • une difficulté, pour beaucoup, à accéder à la formation, à l’emploi, à la culture, aux loisirs : comment bouger quand on n’a que le bus pour sortir du quartier et que celui-ci s’arrête à 20h ? Conscient de la gravité de la situation sur le plan social, environnemental et économique, le Printemps Marseillais s’engage, en concertation avec les usagers et les habitants, à :
  • ce que tout Marseillais ait accès au transport public tous les jours de 5h le matin à 1h dans la nuit (à 15 min à pied maximum) et, pour cela, un doublement de l’offre de transport public (+ 15 % par an), avec des voies réservées aux bus, davantage de tramways, des trains rapides et fréquents (RER) entre le nord et l’est, des navettes électriques dans les quartiers et noyaux villageois, et au moins 24 pôles d’échanges multimodaux ;
  • une tarification des transports publics attractive pour tous, dont la gratuité pour les personnes sans ressources et les jeunes de moins de 25 ans ;
  • un plan piéton et la libération des trottoirs pour favoriser et sécuriser les déplacements à pied, et ceux des personnes à mobilité réduite ;
  • l’accélération de la mise en œuvre du Plan Vélo (cf “plan vélo pour Marseille”) ;
  • un vrai plan d’entretien de la voirie, avec des trottoirs et des chaussées maintenus en bon état, et un rôle de vigile pour les mairies de secteur ;
  • une limitation de la vitesse et de la circulation automobile dans les quartiers ;
  • un encouragement municipal à l’extension à toute la ville des services d’autopartage, pour les personnes qui veulent se séparer de leur voiture ;
  • un plan de logistique urbaine limitant la circulation des camions en ville ;
  • la diminution drastique de la pollution liée aux navires, et des capteurs individuels pour la surveiller.

Notre démarche sera de d’abord proposer des alternatives au toutvoiture afin que la mobilité des personnes ne soit pas réduite sur l’ensemble de l’agglomération, mais au contraire facilitée pour aller vers une transition douce mais nécessaire.

Le financement de ces mesures est obtenu en :

  • facilitant la circulation des bus (voies réservées, priorité aux feux tricolores …) ;
  • augmentant de 30 M€ par an le budget métropolitain des transports publics ;
  • impliquant les élus de secteur dans le suivi des travaux réalisés par la Métropole.

B.Doubler l’offre de transport public

Marseille a un retard considérable en matière de transport public.

Le Printemps Marseillais s’engage à :

  • Accélérer les projets métropolitains de prolongement :
    • De 5 stations de métro vers le Nord, le Sud et l’Est.
    • Du tramway, en évitant les doublons avec le métro, pour un développement plus intelligent.
    • Dispositif de bateau-bus à l’année sur le littoral entre Estaque et Pointe Rouge/Goudes)
  • Mettre en place en 2022, avec la Région, des trains rapides et fréquents (RER) desservant toutes les gares de Marseille entre Aubagne et Aix-en-Provence d’une part, l’aéroport d’autre part, avec correspondance (métro, tram, bus rapides, vélos) à la gare de La Blancarde vers tous les secteurs de Marseille.
  • Dès 2021, réserver des voies aux bus sur toutes les rues, avenues, boulevards de Marseille où cela est possible, et y renforcer la fréquence des bus devenus plus rapides et efficaces : passer ainsi à au moins 16 lignes de BHNS (Très Grand Bus) circulant de 5h à 1h du matin, dont certaines évitent le centre-ville. Le réseau Fluobus prenant le relai jusqu’à 2h en semaine et 5h le week end.
  • Dès 2022, déployer des navettes électriques desservant tous les quartiers de 5h à 1h à partir de 24 pôles d’échanges multimodaux bien desservis (par train, métro, tramway et/ou BHNS).
  • Dès 2021, renforcer l’offre de transports de navettes maritimes hybrides (électriques dans les ports) entre le Vieux-Port et la Pointe Rouge, L’Estaque et les terminaux ferry et croisières.

Au total, nous proposons d’augmenter de 15 % par an l’offre de transport public, soit un doublement en 6 ans. À ce doublement de l’offre, bien organisé, correspondra plus qu’un doublement de la fréquentation du réseau, soit plus de 600 000 déplacements automobiles évités chaque jour dans Marseille.

Parallèlement, la quasi-totalité du réseau de transport public sera rendue accessible aux personnes à mobilité réduite (stations de métro, arrêts de bus, cheminements piétons…). Il s’agit aussi de rendre plus lisible, et mémorisable, le réseau de transport public marseillais.

C.Revoir la tarification du transport public

Prendre les transports en commun reste encore trop compliqué pour les personnes qui ne connaissent pas le réseau, et trop cher pour les personnes à faibles revenus. Ce sont encore souvent les personnes les plus fragiles qui ne font pas valoir leurs droits, et paient le plein tarif. Il s’agit donc de simplifier, et d’aller vers la gratuité des transports publics, pour les jeunes et les bénéficiaires des minimas sociaux.

Le Printemps Marseillais propose de mettre en œuvre une gamme tarifaire originale, qui réponde aux objectifs visés :

  • Faciliter l’accès des personnes fragiles aux services de proximité et inciter à l’abandon de la voiture individuelle pour les déplacements de proximité, dont le rabattement sur chacun des principaux pôles d’échanges du réseau de transport public. → Création de navettes de quartier reliant les noyaux villageois aux pôles d’échanges multimodaux.
  • Faciliter les déplacements intra-communaux des plus démunis (dont des jeunes et des personnes âgées). → Gratuité de 10 “pass journée” remis tous les 10 jours maximum par les structures d’accueil social.
  • Faciliter les déplacements intra-communaux occasionnels sur une journée, notamment pour les personnes ne connaissant pas le réseau, ou ne faisant pas valoir leurs droits à réduction, en généralisant le dispositif mis en place en cas de pic de pollution.
  • Faciliter les déplacements intracommunaux des groupes, familles, tribus. → Création du “pass jour tribu” (à 5 €).
  • Faciliter les déplacements occasionnels et groupés à l’échelle métropolitaine. → Décliner le “pass jour” et le “pass jour tribu” en version métropolitaine.
  • Faciliter le déplacement des jeunes, dont les étudiants, à l’échelle métropolitaine. → Gratuité pour les moins de 26 ans et les bénéficiaires des minima sociaux.
  • Faciliter le déplacement des retraités. → Aligner sur l’âge légal de départ à la retraite le droit au tarif “sénior”

Parallèlement, il s’agit de mieux utiliser le réseau de transport collectif comme outil de communication sur les nombreux (mais méconnus) événements culturels qui animent Marseille (comme dans le métro parisien).

D.Libérer les trottoirs pour favoriser et sécuriser les déplacements à pied

Le Printemps Marseillais s’engage à :

  • Mettre en place une réglementation graduée pour aider les habitants à prendre conscience de la nécessité d’une circulation automobile raisonnable et liée à des nécessités communes (ambulances, pompiers, service d’urgence, artisans, livraisons…).
  • Mener, étape par étape, des campagnes de sensibilisation au respect de la réglementation, à la gêne occasionnée aux plus fragiles, à l’impact économique, social et environnemental mais aussi à la santé publique et aux risques d’accidents liés à l’incivisme (stationnement irrégulier).
  • Transformer des places de stationnement automobile en places de stationnement pour les deux-roues motorisés, et en places dédiées aux vélos, notamment à l’approche des carrefours comme l’impose désormais la réglementation.
  • Verbaliser puis également enlever systématiquement les voitures et les deux-roues en stationnement dangereux, très gênant, puis gênant.
  • Augmenter, au moins transitoirement, par réaffectation de personnel, les effectifs des forces de l’ordre et des fourrières municipales ainsi que le nombre de camions d’enlèvement
  • Informer sur la caducité, depuis 2006, des arrêtés municipaux en matière de stationnement sur trottoir (y compris “à cheval” sur trottoir) et la nécessité de faire plus de place au déplacement à pied des personnes les plus fragiles.
  • Faire respecter strictement les arrêtés municipaux d’occupation de l’espace public (emplacements pour les étals, marchés et autres terrasses de café-restaurant, provisoires ou permanentes) ; reconsidérer certains emplacements.
  • Mettre en œuvre l’objectif de la Métropole de supprimer progressivement tout le stationnement autorisé sur trottoir, y compris à proximité des pôles d’échanges multimodaux ; cette mesure concerne également différents espaces publics, considérés en tout ou partie comme des parkings.
  • Lorsque la largeur le permet, le stationnement supprimé sera rétabli sur la chaussée elle-même, quand il n’est pas contradictoire avec la réalisation d’aménagements cyclables ou en faveur des transports en commun

Ces mesures successives doivent s’accompagner :

  • de campagnes grand public de promotion des modes actifs de déplacement ;
  • d’opération ponctuelle de piétonisation, avec par exemple une corniche piétonne en journée l’été (avec des bus pour la desservir uniquement).
  • de la densification de l’offre de transport public, de l’augmentation de la rapidité et de l’amplitude horaire des bus, avec communication grand public associée ;
  • du déploiement du service d’autopartage (mise à disposition de véhicules en des points suffisamment nombreux et répartis sur le territoire) ;
  • de l’adaptation de la tarification des parkings souterrains aux besoins (dont tarifs nocturnes) ;
  • d’une intensification du contrôle et de la verbalisation du 38 Programme du Printemps Marseillais stationnement payant (redevance), et de l’extension raisonnée des zones de stationnement payant, là où il peut contribuer à une meilleure rotation des véhicules au profit de certaines activités.

Ces mesures s’appuieront sur des enquêtes de stationnement, à réaliser par du personnel municipal formé, et sur des recensements (et enlèvements) réguliers du stationnement-ventouse. Dans le même temps des parkings relais supplémentaires seront créés et le nombre de place disponible augmentera. La Printemps Marseillais s’engage également à élaborer et mettre en œuvre le Plan Piéton, lequel pourra prévoir des mesures complémentaires telles que la fermeture des rues devant les écoles aux heures d’entrée et de sortie des élèves, ou encore le fait de relier entre eux, en toute sécurité, les espaces verts de la ville pour les coureurs, promeneurs et surtout pour les enfants et pour nos aînés.

E.Renforcer et accélérer la mise en œuvre du Plan Vélo

Demandé depuis de nombreuses années par les associations de cyclistes, un Plan Vélo a récemment été adopté par la Métropole, et doté de 60 M€ sur 5 ans.

Il comprend plusieurs volets :

  • Création d’un réseau de lignes vélo sécurisées (280 km sur l’ensemble de la Métropole).
  • Renfort des réseaux cyclables structurants et secondaires des communes.
  • Développement de l’offre de stationnement vélo (3 600 places), particulièrement auprès des établissements scolaires.
  • Des services vélo au sein des principales gares métropolitaines.
  • Développement de l’intermodalité avec les transports en commun.
  • Un dispositif d’aide à l’acquisition de vélo à assistance électrique.
  • Un service de location de vélo longue durée (2 000 vélos).
  • Le redéploiement de l’offre de vélo en libre-service.
  • Le soutien à l’éco-mobilité scolaire.
  • Un dispositif partenarial de lutte contre le vol.
  • Le développement du cyclotourisme.
  • La sensibilisation au partage de l’espace public et l’encadrement des nouveaux services.
  • De nouvelles fonctionnalités vélo au sein de l’outil de mobilité métropolitain.
  • La réalisation d’un guide technique métropolitain des aménagements cyclables.
  • Le soutien aux associations de promotion du vélo et à l’organisation d’événements.

Les premières réunions du Comité de suivi ont montré à quel point ce Plan Vélo aura du mal à se mettre en place, faute de moyens humains mobilisés et formés en nombre suffisant au sein de la Métropole et des organismes auxquels celle-ci compte confier la mise en œuvre du Plan (dont la Soleam…).

Le Printemps Marseillais propose de donner corps à ce Plan Vélo en termes d’organisation des services, de réaffectation de certains personnels (30 personnes minimum) aux missions permettant d’atteindre ces objectifs, de management et de formation des personnels, y compris en matière de concertation avec les citoyens. La présence d’un relais au sein des mairies de secteur (technicien voirie) est également nécessaire.

La mobilisation de ces moyens humains permettra d’aller plus loin que les actions envisagées dans le cadre du Plan Vélo :

  • Application généralisée de la loi sur les double-sens cyclables et les balises de priorité aux feux tricolores, sur le remplacement du stationnement automobile par des appuis vélos en amont des carrefours.
  • Maillage de proximité des aménagements cyclables par la reprise de marquages au sol, le traitement de carrefours délicats, le fléchage d’itinéraires et d’établissements avec les temps de trajet.
  • Autorisation pour les vélos de circuler dans les couloirs bus, d’emporter son vélo dans les transports publics en début et en fin de journée…
  • Mise en place de garages à vélo extérieurs sécurisés et accessibles sur les emplacements de places de parking de voitures.
  • Plus globalement, il est proposé de limiter à 30 km/h la vitesse dans toutes les rues de la ville de Marseille, à l’exception de quelques artères à 50 km/h.
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