Notre Programme

Marseille, ville attractive

En vertu de la loi, la ville de Marseille n’a quasiment pas de compétence en matière de développement économique. C’est la Métropole qui dispose des leviers les plus importants dans ce domaine, avec la Région, chargée de définir les grandes orientations, les filières prioritaires et les instruments d’intervention.

Cependant les conseillers métropolitains, élus par les marseillaises et les marseillais par fléchage lors du scrutin municipal, représentent 45 % des voix à la Métropole. Il est donc essentiel que sur les principaux enjeux métropolitains, les grandes orientations politiques soient proposées aux électeurs, dans une vision globale des dynamiques économiques sur tout le territoire de la métropole, dont la ville bénéficie, et auxquelles Marseille contribue directement.

Pour autant, l’ambition de la Ville, dont le budget dépasse le milliard d’euros, et les choix politiques du conseil municipal dans de nombreux domaines, peuvent peser de façon considérable sur l’économie et la création d’emplois.

La vision du Printemps marseillais pour la seconde ville de France est claire : les politiques mises en œuvre depuis 25 ans ont aggravé les inégalités, singulièrement à Marseille. Un quart des habitants de Marseille connaît la pauvreté, et l’accès à l’emploi est plus difficile que dans la plupart des autres métropoles. C’est le premier combat à mener. La création de richesse doit profiter à tous, et tous doivent pouvoir y contribuer. Les premières actions devront cibler en priorité les jeunes, les seniors et les femmes, pour qui l’accès à l’emploi est encore plus contraint.

La responsabilité sociale et environnementale des entreprises, le soutien aux acteurs de l’économie sociale et solidaire sont des orientations fortes. Mais avant tout, la ville a un devoir d’exemplarité, en exerçant elle-même cette double exigence sociale et environnementale : elle devra intégrer beaucoup plus fortement ces critères dans les marchés publics qu’elle passe pour la construction et l’entretien des écoles et des compétences propres qu’elle exerce, et en luttant résolument contre toutes les formes de corruption. Ces marchés publics représentent chaque année plusieurs centaines de millions d’euros.

Plusieurs grands « objets » métropolitains constituent les locomotives de l’économie locale. Leur impact et leur rayonnement sont souvent régionaux, voire nationaux, ou même internationaux : l’université d’Aix-Marseille, les nombreux sites de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille, le grand port maritime de Marseille-Fos, l’aéroport Marseille-Provence et le technocentre Henri-Fabre sur l’Etang de Berre, la base aérienne d’Istres, les sites dédiés à l’électronique de Rousset et de la vallée de l’Huveaune, qui est par ailleurs un pôle industriel fort, mais aussi le site logistique de CléSud à Miramas-Grans et le stade d’athlétisme à Miramas, le Grand Théâtre de Provence à Aix.

Au cœur de la Métropole, le Nord de Marseille, du 13e au 16e arrondissement, concentre 4 500 entreprises et 85 000 emplois. Directement connectées aux bassins Est du GPMM, ces entreprises peuvent fortement contribuer à créer des emplois très diversifiés. Marseille Nord a un taux de chômage de 7 points supérieur au taux de chômage métropolitain (et ce malgré la baisse des chiffres du chômage à Marseille), dont 2 points liés aux difficultés liées aux transports.

L’industrie autour de Berre, Martigues et Fos, adossée aux bassins Ouest du GPMM, draine une grande partie des emplois de l’Ouest métropolitain. La Métropole devra accompagner ces industries vers une mutation nécessaire au vu des enjeux écologiques et de changement climatique : transition et mutualisation des énergies, innovation, synergies, écologie industrielle. L’expérimentation en cours menée par le projet PIICTO sur Fos, constitue un modèle à développer.

Plusieurs points de tensions très fortes marquent l’actualité économique et sociale, dont la ville de Marseille ne peut se désintéresser : l’enjeu de la fermeture de la Centrale de Gardanne, avec plus de 100 emplois directs menacés à court terme, et celui d’Alteo – plus de 400 emplois, doivent trouver une issue rapide, pour les familles concernées, et pour le rayonnement du territoire. Une mobilisation s’est amorcée, l’État a pris l’initiative de lancer un « projet de territoire », outil contractuel partenarial mobilisant toutes les énergies pour maintenir ces outils industriels, et diminuer de manière drastique leur impact sur l’environnement et la santé publique. Ce dossier sera l’une des priorités majeures de la nouvelle équipe en charge de la Métropole, pour aboutir à l’été 2020 à une solution concertée et acceptable par tous.

Il faut continuer à soutenir et développer ces locomotives, car elles emploient des dizaines de milliers de personnes, dans le secteur public comme dans le secteur privé. Mais elle ne doivent pas masquer la réalité de ce territoire : 95 % des entreprises marseillaises ont moins de 10 salarié-e-s. Ils et elles sont aussi des dizaines de milliers. La vocation industrielle et tertiaire de la ville comme de la Métropole doivent être réaffirmées, mais leur développement doit intégrer les normes sociales et environnementales du XXIè siècle. Les créations d’emplois doivent être repensées pour bénéficier aux habitants : il manque 60 000 emplois sur ce territoire, par rapport aux autres grandes métropoles.

Commerçants, artisans, indépendants : ils doivent être au cœur du projet municipal. L’aménagement du centre-ville doit être repensé pour eux et avec eux. Un coup d’arrêt doit être mis au développement inconsidéré des zones commerciales, dans la ville et autour de la ville. Le tourisme doit être repensé : la fuite en avant vers toujours plus de croisiéristes doit s’arrêter dès le lendemain de l’élection. Pour autant, le rayonnement international de Marseille doit rester une priorité absolue, non pas face au Maghreb et à l’Afrique, mais avec eux, et bien au-delà. Marseille depuis sa création se nourrit des échanges avec le monde entier, son identité en est profondément pétrie. Elle doit cultiver cette ouverture chaque jour, par tous les moyens, dans tous les secteurs de son économie.

Le Printemps marseillais fait le pari qu’un développement économique plus juste, plus équitable, plus respectueux des femmes, des hommes, et de l’environnement, est la clé pour faire reculer la pauvreté, et rendre véritablement attractive la seconde métropole française, au cœur de la Méditerranée.

A.Réduire la pauvreté en créant plus d’emplois locaux grâce aux clauses environnementales et sociales des marchés publics, et réduire la fracture Nord-Sud

Propositions relevant de la compétence de la Métropole.

Tous les investissements publics de la Ville et de la Métropole, mais aussi des grands opérateurs publics (l’Université, le Grand Port Maritime, les Hôpitaux…) doivent être repensés, en intégrant massivement les clauses environnementales et d’insertion que prévoit le code des marchés publics : réfection des bâtiments publics, des écoles, des logements, des réseaux de voirie et d’assainissement, et plus largement toutes les opérations de rénovation ou de réhabilitation de l’espace public et des espaces verts, tous secteurs doivent progressivement modifier les cahiers des charges des commandes publiques, afin d’aller vers un territoire favorisant plus d’égalité, de mixité et de cohésion sociales. Les bailleurs sociaux – au premier rang desquels Marseille Habitat et CDC-Habitat – ainsi que le secteur privé, comme plusieurs grands donneurs d’ordre ont déjà commencé à le faire, doivent aussi y contribuer. Pour la Ville, les 180 M€ annuels de commande publique formeront le premier levier de cette action.

Un grand plan de rénovation des écoles, alternatif au PPP annulé, favorisera systématiquement, dans le respect du droit de la concurrence, les entreprises et groupements d’entreprises locaux. L’allotissement des marchés publics pourra être utilisé en ce sens. En tant que maître d’ouvrage, la Ville portera une attention particulière aux sous-traitants des attributaires des marchés, dans le cadre des clauses sociales prévues par le code de la commande publique. Un programme de renforcement des capacités des TPE et PME locales, ou des artisans individuels, à répondre aux marchés publics en tant que mandataires, co-traitants ou sous-traitants, sera instauré, en lien avec le conseil régional et la métropole, par le biais d’un soutien aux organismes de formation, de portage salarial, et à toutes les formes de coopératives. Le recours au chantiers d’insertion sera soutenu. Les PME ont en effet une plus grande souplesse et capacité à s’adapter aux nouveaux marchés, et surtout à créer de l’emploi. Un appui via la CCI-AMP peut être trouvé pour les accompagner vers ces réponses, à travers le « Metropolitain Business Act » (action portée par la CCI qui permet aux grands donneurs d’ordre publics et privés de connaitre les compétences des PME locales et de flécher vers elles leur appels d’offre, mais aussi de former ces PME à des réponses adaptées et groupées).

Ces mêmes investissements publics doivent être revus dans une logique d’aménagement du territoire équilibré entre le Nord et le Sud, et pensés en vue de favoriser la création de lien social, et la prise en compte des problématiques spécifiques des femmes dans l’espace public, ainsi que de toutes les personnes souffrant de handicap. Dans les services publics, l’enseignement supérieur, la recherche, les logements étudiants, les lieux de formation etc., et plus généralement lors du renouvellement ou de la création des équipements publics, tous les cofinancements apportés par la Ville et la Métropole, lorsqu’elles ne seront pas maître d’ouvrage, seront conditionnés à l’intégration de ces clauses, et à la prise en compte de ces enjeux. S’agissant des quartiers périphériques de la ville, trop souvent oubliés, au Nord comme au Sud, le calendrier de réalisation des projets déjà engagés et planifiés à moyen et long terme, sera revu, dans la perspective de ce rééquilibrage.

La rénovation thermique des bâtiments publics et tous les investissements en faveur de l’écologie et des bâtiments durables constituent une source majeure de création d’emplois non délocalisables, et sont autant d’occasions de montée en qualification pour tous les métiers de ce secteur. Le soutien de l’État sera mobilisé, par la réponse systématique aux appels à projets de l’ADEME, du Programme des Investissements d’Avenir, et les demandes de subvention, qui peuvent aller jusqu’à 80 % des dépenses engagées, auprès de l’État, au titre de la dotation de soutien à l’investissement local, qui peut apporter à elle seule 1,5 M€ par an à la Ville, soit près de 10 M€ sur la durée du mandat.

La Ville proposera à l’État et au Conseil départemental de mettre en œuvre ces mesures d’isolation et de rénovation thermique dans les bâtiments et monuments historiques dont ils ont la charge – comme la préfecture : la Ville, mais aussi tous les pouvoirs publics, conformément à l’esprit de l’Accord de Paris sur l’adaptation au changement climatique, ont un devoir d’exemplarité au regard des contraintes imposées aux particuliers et au secteur privé. Les apprentis de l’association Actavista, qui rénove depuis 10 ans le fort d’Entrecasteaux, en se formant aux techniques les plus exigeantes d’intervention sur les bâtiments historiques, pourront être mobilisés à cet effet, avec le concours du service des architectes et bâtiments de France. Cette approche doit permettre des économies de fonctionnement pour toutes les administrations de la ville, et une réduction de la consommation d’énergie.

De même, pour les équipements les plus importants, financés ou cofinancés par la Ville et la Métropole, les conventions de cofinancement intégreront l’obligation de la consultation des citoyens, des riverains, et des usagers, en amont de la conception des projets.

La transition écologique est identifiée comme la source de 10 000 emplois non délocalisables dans l’économie productive, le renouvellement urbain, la transition énergétique et les écoindustries à créer en unissant les efforts des secteurs public, privé et de l’économie sociale et solidaire, pour faire de Marseille le laboratoire d’un nouveau mode de développement industriel, urbain, écologique. Il faut rappeler aussi que les difficultés de transport à Marseille coûtent selon les études un à deux points de chômage. Les propositions d’amélioration des réseaux de transport, singulièrement dans tous les quartiers éloignés du centre-ville, se traduiront donc par une baisse du chômage mieux répartie dans tous les arrondissements.

Une conférence permanente pour l’emploi sera installée. La conférence mobilisera, en associant les pouvoirs publics, les organismes de formation et les entreprises autour de secteurs clés pour Marseille (Pôle Emploi, Cap Emploi, CARIF / OREF, entreprises d’insertion, APEC, Mission locale, service FSE de la Région etc.) permettant de développer l’offre des métiers accessibles aux jeunes, aux femmes notamment, et aux artisans et salariés déjà en situation d’emploi, de monter en qualifications : énergie et bâtiment durables, services à l’environnement, santé, alimentation (avec un renouveau de l’agroalimentaire à inventer, selon les principes des circuits courts et de la production locale, y compris urbaine), culture, mobilité et logistique urbaine, tourisme écoresponsable, rattrapage du retard dans le numérique et la fibre : ce seront les premiers secteurs ciblés. L’étude sur les métiers en tension produite par l’Observatoire régional des métiers offrira un outil fondamental pour orienter les premiers travaux de cette conférence permanente. Cette conférence sera financée notamment avec les crédits du Fonds Social Européen. Un élu délégué en portera la responsabilité, et répondra régulièrement de son action devant le conseil municipal. Un conseil municipal extraordinaire sera consacré à l’emploi une fois par an.

Une Agence pour le développement local, l’inclusion et la transition écologique des PME sera créée, et sera adossée à une délégation spécifique confiée à un ou une conseiller municipal. Elle serait aussi en charge de la prévention des risques socio-économiques et environnementaux : fermetures d’entreprises, délocalisations, risques liés au changement climatique, à l’élévation du niveau de la mer etc. Son rôle serait notamment de construire en continu la vision économique de la Ville et de la Métropole dans une logique partenariale et participative, sur le modèle de la mobilisation contre les PPP ou le processus de dialogue Ville-Port, associant les syndicats, les acteurs économiques (clusters, associations d’entreprises), institutionnels, les associations de défense de l’environnement, et les habitants. Son mandat comprendrait la 23 Programme du Printemps Marseillais réduction systématique du sous-emploi des femmes par rapport aux hommes, et la double question de l’insertion professionnelle des jeunes et des seniors.

Parmi les actions concrètes de cette agence, le Printemps marseillais prévoit de :

  • Etablir un plan de relance de l’économie urbaine productive durable pour relancer l’emploi.
  • Créer un « Bureau des Solutions » de la Ville, en transformant la Maison De l’Emploi en une agence d’innovation sociale, et engager une démarche territoriale d’innovation.
  • Soutenir l’innovation par des appels à projets : le Cloitre, Coco Velten, le Carburateur (ou de postuler à ceux de l’Etat : Plan grande pauvreté, Territoire zéro chômeur longue durée).
  • Impulser et porter une action d’envergure de promotion du Label Empl’itude, reconnu en France.
  • Travailler avec les grandes entreprises marseillaises sur la relocalisation (en tout ou partie) d’activités ou de fonctions ayant fait l’objet de délocalisation, en remobilisant la chaîne des sous-traitants.
  • Investir dans le foncier économique (friches industrielles, requalification des zones d’activité, hôtels d’entreprises, etc.).
  • Conforter et réhabiliter les espaces productifs urbains, tout en veillant à assurer un double rééquilibrage activités/logements et économie productive / économie résidentielle
  • Ouvrir un centre d’accueil municipal pour les migrants et les sansabris de la ville (sur le modèle du programme «Hope» de l’AFPA à Istres).
  • Développer le tourisme social et participatif (déjà initié par la coopérative d’habitants Hôtel du Nord, et la fédération Léo Lagrange), dans l’esprit de l’éducation populaire.
  • Repenser la filière de l’économie circulaire, et du traitement des déchets, comme un enjeu d’innovation et de développement économique durable, créatrice d’emplois non délocalisables. Des ressourceries, comme Euroméditerranée projette déjà de le faire, et des ateliers partagés de réparation seront installés progressivement dans toute la ville, avec l’appui du secteur associatif. Le modèle d’Ici Marseille, à proximité du marché aux cuces, qui permet d’offrir à des artisans des locaux partagés à coût très réduit, sera rédupliqué. La halle alimentaire du marché aux puces sera maintenue et confortée.
  • Instaurer un crédit métropolitain pour les TPE en mobilisant les instruments de la micro-finance.

Dans la même logique d’aménagement du territoire plus équilibré de toute la commune, un grand projet d’aménagement de Marseille Nord (GPAN) sera développé, incluant les grands pôles économiques de Marseille Nord (hôpital Nord, Grand littoral, Arnavant, La Cabucelle, GPMM, zones franches Mourepiane/Barnier et Canet…). Au Cap Pinède, un grand équipement public, incluant par exemple une grande piscine offrant une vue sur la mer, devra être défini en concertation avec Euroméditerranée et les habitants. Le GPAN sera mandaté pour concevoir la Corniche des quartiers Nord, qui sera un élément fort du rééquilibrage de la ville en termes de cadre de vie, structuré notamment par une piste cyclable sécurisée.
Sur le modèle du Projet Partenarial d’Aménagement (PPA), mis en place sur le centre-ville de Marseille conformément aux dispositions de la nouvelle Loi ELAN, ce plan combinera développement économique, mobilité, inclusion, réhabilitation urbaine et de l’habitat, équipements, paysage, écologie, culture, etc…afin de constituer un nouveau pôle d’équilibre au Nord d’Euroméditerranée, au PPA du centre-ville et aux différents projets réalisés ou en cours dans le Sud de Marseille (du stade Vélodrome au projet de campus pour start-up de la santé autour de l’hôpital Sainte-Marguerite par exemple).

Un pôle d’équilibre comparable à l’Est de Marseille, sur la vallée de l’Huveaune, sera également proposé afin de valoriser un secteur qui constitue une autre grande porte d’entrée de Marseille, riche de son patrimoine industriel et écologique. Les modalités de ces projets de développement du territoire seront élaborés avec les principaux partenaires de la Métropole, l’État, au plan local et national, etc. Le support juridique de ces 2 projets complémentaires existe déjà, puisque les statuts de la SPLAIN (société publique locale) qui porte le PPA du centre-ville, créée en janvier 2020, lui permettent d’intervenir sur l’ensemble du territoire métropolitain.
Cette faculté pour la SPLAIN d’intervenir bien au-delà du centreville de Marseille, devra être mobilisée partout sur le territoire de la Métropole où de vastes enjeux comparables doivent être traités, dans une logique intégrée – et particulièrement sur le pourtour de l’Etang de Berre.

Concernant le stade Vélodrome, les conditions de sa réalisation et de sa gestion ont été clairement dénoncées par la Chambre régionale des comptes dans son récent rapport. La Ville ne peut pas supporter sans réagir les conditions d’une négociation très défavorable, qui empêche toute marge de manœuvre financière. Les marseillaises et les marseillais n’ont pas à payer de leurs impôts les choix d’une majorité qui les a mis devant le fait accompli. Les conditions juridiques et financières d’un transfert ou d’une cession à une structure publique seront étudiées en détail dès le début du mandat. Le stade fait partie du patrimoine historique de cette ville, et il en est le coeur battant. Ce patrimoine ne saurait être bradé, mais il ne doit pas contraindre la Ville à renoncer à ses obligations premières, de construire, de rénover, et d’entretenir dans tous les quartiers des écoles décentes, des bibliothèques, des piscines, et bien sûr, des terrains de football.

Le Fonds pour l’Innovation Marseille-Provence sera relancé et élargi à toute la Métropole. Sur le principe d’une mobilisation public-privé exemplaire pour financer le développement de jeunes pousses, en conditionnant les financements à la création effective d’emplois, ce fonds a permis, dans le cadre du plan local de redynamisation, de mobiliser près de 14 M€ à parité de fonds publics et privés entre 2012 et 2017, pour créer 800 nouveaux emplois sur des friches industrielles. Son succès a été salué par tous les acteurs, y compris au niveau national. L’entreprise marseillaise Traxens, devenue l’un des fers de lance du rayonnement international des entreprises numériques dans le secteur portuaire, a été par exemple l’un des premiers bénéficiaires de cette initiative, ainsi que de nombreuses jeunes entreprises issues des laboratoires de recherche de l’Université, notamment en matière de santé et de biotechnologies. Ce fonds a été l’outil partenarial qui a permis le financement du Carburateur, pépinière d’entreprises en plein développement à la Cabucelle.

Le développement de la filière des industries culturelles et créatives sera conforté, à la fois sur le pôle de la Belle-de-Mai, et autour des studios de Martigues, pour lesquelles la qualité de l’infrastructure numérique marseillaise, connectée à très haut débit, et avec une très large bande passante, au monde entier constitue un avantage compétitif majeur au plan international : le bureau municipal du cinéma sera renforcé et élargi au périmètre métropolitain, pour faciliter le développement de tous les métiers liés à l’accueil des tournages de cinéma et de télévision (électriciens, menuisiers, artisans, techniciens etc.), et renforcer les outils et les compétences en termes de traitement numérique des images. La création d’une fosse de tournage immergée pour les films sous-marins sera envisagée (il existe une seule fosse en Méditerranée, vieillissante et très mal desservie par les transports, à Malte). La Banque des territoires, qui a beaucoup investi dans la région Nord dans ce domaine, sera mobilisée.

Une évaluation des zones franches depuis leur création devra être réalisée, pour envisager des ajustements dans leur fonctionnement, et en particulier sur la question de la formation et des qualifications : ce sont dans ces zones franches, en particulier à Marseille, que l’on trouve le plus de personnes sous qualifiées par rapport à l’ensemble du territoire, comme le montre la dernière étude de l’INSEE.

Le chantier de la refonte de la fiscalité devra être engagé, pour une remise à plat complète des outils au service du développement économique, et notamment des plus petites entreprises du commerce et de l’artisanat. Cette fiscalité repensée devra notamment favoriser l’installation des commerces de proximité en pied d’immeubles.

Insérer par l’emploi, en créant 111 régies de quartier Marseille manque d’emplois et, parallèlement, tant de petits travaux ne sont pas réalisés dans les immeubles, les écoles, les parcs et jardins… Autant les gros travaux relèvent des logiques de marchés, publics ou privés, autant d’autres relèvent soit des services municipaux ou métropolitains eux-mêmes, soit peuvent relever d’associations relevant de l’économie sociale et solidaire (ESS), dont l’objectif premier est de contribuer à l’insertion des personnes qui, naturellement, ne trouvent pas leur place en entreprise.

Ces associations loi 1901 adhèrent à la Convention collective nationale des Régies de quartiers du 2 avril 2012, dont l’objet social est le développement économique, social et culturel du quartier. Les régies élaborent leur projet économique, politique et social grâce à la volonté partagée des habitants, des élus, des collectivités, des représentants des bailleurs sociaux et des acteurs socioéconomiques. Ainsi, leur financement est assuré par des crédits publics européens, nationaux, métropolitains, mais aussi par des acteurs parapublics ou privés (bailleurs sociaux, aménageurs …).

Le Printemps Marseillais propose que 2 conseillers d’arrondissement aient pour mission d’animer ces régies de quartiers et d’être le lien entre les besoins spécifiques, au plus près des habitants, et les instances municipale et métropolitaine. Sur chaque quartier, un local sera mis à disposition par la mairie (cf. inventaire patrimoine municipal) en s’appuyant, le cas échéant, sur les bailleurs sociaux

Les missions qui pourraient être confiées à ces régies de quartier :

Recréer un maillage territorial sur toute la ville pour mettre en place une politique inclusive sur les plans économique, social et environnemental, qui sache répondre aux besoins des marseillais en matière culturelle, sportive, de formation …

  • Répondre au plus près aux besoins des habitants, notamment en matière d’habitat sur le plan sanitaire, de l’isolation thermique …(et identifier les habitats indignes)
  • Réaliser des petits travaux d’entretien, de gestion des espaces verts, de végétalisation des quartiers…
  • Participer à des missions d’ordre social ou culturel, contribuer à l’organiser de fêtes de quartier…
  • Assurer la formation (via l’AFPA et autres centres de formation) et le retour pérenne à l’emploi.
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